Ce que le microcosme ufologique français doit apprendre de la situation américaine

Nous sommes le 4 Juillet, et en ce jour festif d’Independance Day, équivalent de notre 14 Juillet aux Etats-Unis, le représentant de l’Etat de l’Indiana, André Carson répond aux questions d’un journaliste dans l’émission Face The Nation de CBS. Pendant 5 minutes, en sa qualité de membre du Comité spécial permanent de la Chambre sur le renseignement (HPSCI), il va s’exprimer sur des problèmes de sécurité intérieure, une attaque de hackers, et le Rapport UAP.

Nous avons sous-titré son passage ici :

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Carson ne peut que constater le caractère inachevé de ce rapport de 9 pages (plutôt 6 si on enlève les pages de présentation). Il y reconnait la véracité et la possible menace de sécurité nationale d’un phénomène capturé par des technologies de pointe, et s’il n’écarte pas la thèse extraterrestre, il souligne la nécessité d’étudier toutes les possibilités, technologies adverses, ballons météo ou drones.

Il en vient assez rapidement à la possibilité de tenues d’audiences et à la base de tout, la récupération et la transmission des données fiables liées aux UAPs. Chris Mellon, dans un document récent, listait une série de 17 questions que pourraient se poser les sénateurs dépositaires du Rapport UAP. Parmi celles-ci, le paramètrage plus fin des différents moyens de détection militaires et civils.

Le sujet semble avoir retrouvé un semblant d’audience auprès du grand public et des politiques, il s’agit maintenant de bien négocier le virage suivant. Et malgré les apparences, il est beaucoup plus serré qu’il n’y parait. Il ne s’agit comme toujours que d’une équation mathématique. Les mathématiques ne se trompent jamais, pour peu qu’on les aborde correctement.

Schématisons une des équations possiblement applicables à une observation, le très solide cas Nimitz

Présence militaire + matériel nucléaire + artefact avec des caractéristiques impossibles avec notre technologie terrienne + captures par des outils de détection avancée + témoins visuels qualifiés = vaisseau extraterrestre

Cette équation peut être vraie, pour peu que nous puissions vérifier l’ensemble des termes. Cependant, si on peut en valider certains, d’autres, les données radar et/ ou les caractéristiques impossibles restent à vérifier. Elles ne sont pas accessibles actuellement.

Je constate trop souvent que les ufologues partent du résultat (c’est extraterrestre) et manipulent, consciemment ou non, les termes de l’équation pour qu’elle réponde à leur souhait. Je ne leur jette pas la pierre, et rappelons la constante cosmologique d’Einstein, qui va ajouter un terme à son équation, pourtant juste, car le résultat obtenu ne correspond pas aux paradigmes scientifiques et idéologiques de l’époque (on pensait que l’Univers était stable, alors qu’il était et est encore en expansion, fait auquel amenait l’équation d’Einstein).

Les scientifiques dans leur généralité demandent plus de données pour s’avancer sur une explication. Loeb, Kaku, même DeGrasse Tyson le demandent. Mais ces données existent-elles seulement ? Si oui, on pourra reprocher aux instances militaires de les avoir écartées par laxisme, par incompétence ou par dépit. Ce serait assez grave. Si non (la ministre anglaise de la Défense semble indiquer que rien qui ne traverse leur ciel n’est non-identifié, les anglais en resteront-ils là ?), on pourra s’étonner que rien ne pose problème aux autorités militaires. Bref, l’armée n’est pas loin d’être au pied du mur. Mais peut encore esquiver si la pression médiatique, et donc politique, baisse.

Oui, une action médiatique et politique doit être menée. Elle a marché aux Etats-Unis, elle pourra marcher en France. Les médias commencent à s’y intéresser, encore leur faut-il des interlocuteurs compétents. il reste un gros boulot d’écrémage à faire, mais on devrait y arriver. Luc Dini, le président de Sigma2, représente admirablement bien ce visage de la recherche ouverte mais non-croyante qui a longtemps manqué à la France. Alain Juillet aura lui aussi un rôle important à jouer dans le process de réouverture du sujet au grand public.

Coté politique, par contre, tout reste à faire. Cette action ne doit pas passer par l’exécutif, mais par le législatif. Alors, que dire de cette initiative de l’association CIPO (quel drôle d’acronyme, quand même…), pilotée par Issaure Ebayaa et Franck Maurin, et de la lettre au Président de la République, copie ministère des Armées (ok), copie ministère de la Culture (pardon ? ). Ca ne vous aurait pas paru plus logique d’envoyer une copie au Ministère de la transition écologique et solidaire (c’est ce ministère qui gère le nucléaire, je dis ça je dis rien…).

Une liste de signataires longue comme le bras (sont-ils tous impliqués et au courant de tout ce qui se passe au sein du CIPO et des croyances multiples qui semblent cohabiter pacifiquement pour l’instant ?), pour un résultat attendu plus proche du pétard mouillé que de la prise de conscience générale du grand public.

Par cette initiative, les têtes pensantes du CIPO démontrent leur méconnaissance des rouages de la politique et manifestement leur ignorance de l’histoire ufologique française. 7 et 9 Octobre 1954, Jean Nocher, député de la Loire, Pierre de Léotard, député de la Seine et René Dejean, député de l’Ariège, ça leur parle ? Sinon, il sera urgent de lire et relire Le Temps de Officiels, de l’ami Thibaut Canuti.

La mobilisation politique commencera à l’Assemblée Nationale, parce que ce sont les représentants du Peuple. Ce sont nos députés et nos sénateurs qui doivent porter la question aux différents ministères concernés, donc Parly (Défense) et Pompili (Energie), on les a cités plus haut.

Des données, pas des croyances. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un sérieux coup de ménage. Une réinitialisation du système ufologique français. Serons nous assez courageux pour l’accepter et le faire ?

Moi, oui.